dimanche 12 janvier 2014

Entretien avec Mafio House, le mafiosi des riddims locaux !



Wah Gwan chers lecteurs ? 

Les riddim-makers, par définition ceux qui « font les riddims », ont toujours été très bons aux Antilles. On peut citer les compiles « Dub la raid » ou encore « Ghetto Raid » (tout était très raide à l’époque) qui incluaient des one-riddim tous aussi vibrants les uns que les autres. Mais ce n’est que très récemment que ces compositeurs de l’ombre sont quasiment autant sous les feux des projecteurs que les chanteurs. En Martinique, Mafio house est l’un de ceux qui sont les plus plébiscités par le public. Nous avons décidé de l’interroger pour en apprendre plus sur son parcours et son travail :

Wah Gwan : Tout d’abord la question usuelle, d’où te vient le pseudo Mafio ? Et surtout le House placé après ?

Mafio House : Ben le pseudo "Mafio" n'a pas vraiment d'histoire, cela remonte à il y a 10 ans au temps de Msn messenger, où il fallait choisir un pseudo,  j'ai remplacé la "a" de mafia par un "o" car ça faisait plus masculin tout simplement. Ensuite pour la prod, je voulais que l'on m'identifie direct donc j'ai gardé "Mafio" et l'idée du House m'est venue des labels en Jamaïque qui utilisaient ce mot là à la fin de leur blazes car là-bas les studios était pour la plupart dans des maisons. Et perso je trouve que Mafio House ça sonne bien !

W : Pendant environ un an et demi, tu as prolongé la série des Walpixx avec les volumes 1, 2 et 3 ainsi que le Shattix ou un remake du Walpixx. Ce riddim te tient-il particulièrement à cœur ? T’attendais tu à un tel succès ?

M : Evidemment je ne m'attendais pas à un tel succès avec le walpixx, mais je me suis vraiment consacré à ce projet afin qu'il ne soit pas bâclé car il avait tout de même un gros potentiel. L'idée de faire plusieurs variantes était pour moi logique. Ceux qui ce souviennent du Aaxxia Riddim, par exemple, savent qu'il y avait plusieurs variantes qui étaient toutes aussi bad les unes que les autres. Les jamaïcains le font parfois aussi, on peut citer le Overproof qui a connu deux variantes. Alors je me suis dit "pourquoi pas faire pareil", et l'idée a été bien accueillie. Après ce n'est pas quelque chose que je ferai systématiquement car, par exemple, certains préféraient le 1 et moins le 2 ( ou le contraire ) mais dans l'ensemble ça s'est très bien passé.



W : Il n’y a pas vraiment eu de série de morceaux sur le Walpixx 3 comme pour les autres, pourquoi ce choix ?

M : Le Walpixx 3 était peut être celui de trop, je ne sais pas mais il n'a pas eu le même succès que les 2 précédents. Du coup j'ai trouvé inutile de faire une compile avec, cependant j'ai quand même demandé à Panik J, Lieutenant et Shafta de faire un featuring dessus avec un clip.

W : Depuis le phénomène Walpixx riddim, il y a une multiplication très forte du nombre de beatmaker en herbe en Martinique. Que penses-tu de ce phénomène ?

M : Beatmaker en herbe ? je ne sais pas (rires). C'est sur il y en a beaucoup qui s'improvisent compositeurs, tout comme ceux qui s'improvisent artistes ou dj. Après c'est au public de faire la différence. Car il ne faut pas confondre ceux qui ont eu un coup de chance en trouvant des notes qui allaient bien ensemble, et ceux qui ont un vrai talent, qui bossent dur car c'est leur gagne pain et pas juste un délire entre potes. Néanmoins j'ai pu faire la connaissance de certains compositeurs vraiment doués qui débutent et je les encourage à continuer à bosser.

W : Tu es connu pour avoir les compositions qui mettent le feu en boîte de nuit, est-ce ton domaine de prédilection ? Penses-tu à l’impact en soirée quand tu composes ?

M : Ben en fait, quand je compose je ne pense pas encore à quoi l'instru sera destinée. Il y a plusieurs de mes prods que je ne voyais pas du tout en soirée comme le Call Off Riddim, et pourtant, il a été très bien reçu. Parfois il faut suivre la tendance et d'autres fois il faut l'imposer. Dans les 2 cas rien n'est gagné d'avance, c'est toujours la surprise qu'elle soit bonne ou mauvaise.

W : Tu t’apprêtes à sortir le X2 Riddim et le San Ayin Riddim. Ce sont deux styles assez différent, que peux-tu nous dire sur ces projets ?

M : Le X2 est un riddim on va dire contemporain tandis que le San Ayin fait plus "old school". Ce sont deux ambiances différentes et je pense qu'ils s'adressent à deux publics différents aussi. Pour le X2 ce sera plus un public soirée/boite de nuit et le San Ayin plus un public amateur de sound système et de riddim à l'ancienne. On a pu remarqué que les riddims justement "à l'ancienne" reviennent à la mode notamment avec Ti Blica, donc j'ai voulu un peu m'essayer à ce style. On verra lequel des deux sera le mieux reçu. En tout cas le San Ayin Riddim est bien parti pour le moment !



W : : Est-ce toi qui choisis les artistes sur tes projets ou est-ce que ce sont les artistes qui viennent postuler d’eux même ? Comment s’opère ta sélection ?

M : Ben j'essaye (quand je peux) de faire un mélange des deux. J'ai une liste d'artistes que j'appelle régulièrement car je sais qu'il taff carré et parfois j'accepte des artistes qui viennent d'eux même qu'il soit connu ou pas. Bien évidemment je ne peux pas choisir tout le monde, un riddim avec 50 sons ça ne sert à rien (rires). Quoi qu'avec le Walpixx 1 j'étais presque à 30 sons quand même. Mais en général le people en retient trois ou quatre et rarement plus.

W : Quels sont tes beatmakers antillais préférés, hormis Mafio House ?

M : Alors j'apprécie particulièrement le taff de Dj Blue, Dj Gil, Foxx-T, Dj Jo°, Don Shorty et Scory de Scorblaz. Ce sont de très bon compositeur qui sont à l'origine de pas mal de tubes donc respect pour eux.

W : Nous sommes à l’aube de 2014, quels projets as-tu en vue pour ce début d’année et avec quels artistes ?

M : Pour 2014, je ferais moins de compiles afin de privilégier les singles ou des projets d'albums. C'est vrai que les compiles undergrounds m'ont toujours passionné mais je pense qu'il est temps que je laisse la place à la relève car je suis très demandé pour des projets à but commercial du coup il devient difficile de faire les deux. De nouveaux artistes tel que Rachelle Alisson, Daly ou encore Mc Duc m'ont proposé de bosser avec eux. Et bien sur avec mon label Step Out nous avons des projets en préparation comme par exemple l'album de X-man sur lequel j'aurai pas mal de prod. Je travaille également avec certains djs comme T.one ou Dj Greg par exemple. Tout cela sera annoncé sur ma page fan facebook "Mafio House Producer" et mon compte twitter "@Mafiohouse" donc j'invite tout ceux qui aime mon taff à me suivre si ce n'est pas déjà fait.

W : Pour finir sur une pointe d’humour, ta signature « Mafio houuuse » réalisée par une jeune fille est très populaire sur les morceaux, est-ce qu’elle touche des royalties quand tu fais un tube ?


M : ( Rires ) Je pense qu'elle ne va pas tarder à me réclamer des droits en effet. Non plus sérieusement, il n'y a pas de soucis avec cela et puis comme elle dit, au moins c'est la seule à avoir fait un feat. avec la plupart des artistes antillais ( rires )

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